Impuls : la musique contemporaine sans frontières

Publié le Dimanche 17 mai 2015

En mai, l’Institut Français accueille une nouvelle édition du cycle de dialogues musicaux intitulés Avons-nous la même oreille ?, à l’initiative d’Impuls neue Musik, fonds franco-allemand pour la musique contemporaine. L’occasion de mieux comprendre les différences structurelles et culturelles entre les univers français et allemand. Berlin Poche a rencontré Madame la directrice, Sophie Aumüller.

 

impuls neue musil sophie aumüller

 

BERLIN POCHE : Pourriez-vous présenter Impuls neue Musik ?
Sophie Aumüller : créé en 2009, ce fond accompagne, soutien et finance des projets d’échanges entre la France et l’Allemagne dans le secteur de la musique contemporaine. Un comité artistique composé de professionnels de la musique, se réunit une fois par an et sélectionne, parmi les projets envoyés ceux, qui en fonction des qualités artistiques, feront l’objet d’un soutien financier.

 

Pouvez-vous nous donner un exemple ?
Lors de la dernière édition de MaerzMusik, nous avons soutenu le focus sur Georges Aperghis. Dans ce cas précis, il ne s’agissait pas d’un échange entre musiciens allemands et français, mais d’un échange entre une esthétique de la musique française et le public allemand. Ce face à face a permis de mettre en valeur un compositeur français peu représenté en Allemagne, à travers différents concerts, des projections de films et des rencontres avec le public berlinois.

 

impuls neue musik Ensemble KNM Berlin Alexandre Babel

© Ringela Riemke

 

Impuls est également à l’initiative de la série de dialogues musicaux Avons-nous la même oreille ?, de quoi s’agit-il ?
Depuis 2009, au fil des rencontres on se rendait compte qu’on se heurtait souvent aux même problématiques entre la France et l’Allemagne : celles des limites esthétiques, des différentes traditions d’écoute ou encore d’identités collectives culturelles très opposées. Avons-nous la même oreille ?, en invitant des intervenants des deux pays, permet de mieux comprendre ces différences. Pourquoi certains compositeurs allemands ne sont-ils jamais joués en France et inversement ? La renommée ne semble pas être un facteur décisif dans ce choix, il s’agirait plus d’une question de goût et d’esthétique. Nous avons donc organisé une réflexion sur les traditions musicales dans les deux pays depuis le 18e siècle. Les préjugés que les deux nations ont pour les compositions musicales sont encore aujourd’hui très présents dans les mémoires collectives.

 

Quelles seront les thématiques des prochaines manifestations ?
En mai, il s’agira de comprendre le rôle des festivals. En juin, il sera question de la formation des compositeurs, et en septembre, Wolfgang Rihm et Pascal Dusapin clôtureront cette série 2015 en échangeant sur la façon dont les compositeurs parlent de leur musique et en quoi elle influe dans le processus de composition.

 

impuls neue musik ensemble KNM

© Kai Bienert

 

Qu’elles sont les principales différences entre la France et l’Allemagne dans le domaine des festivals, de la programmation?
L’Allemagne est un pays fédéral qui compte pas moins d’une vingtaine de festivals de musique contemporaine, certains dans des villes de taille modeste comme Witten ou Donaueschingen, mais tous très importants dans la carrière d’un compositeur. En France, les festivals « prescripteurs » sont peu nombreux et basés surtout dans les grandes villes, avec par ordre d’importance, Paris, Strasbourg et Lyon. En Allemagne, ce sont les radios publiques comme DeutschlandRadio, RBB, WDR ou SWR qui, non seulement diffusent les créations mondiales, mais sont aussi à l’origine de la création de ces festivals et/ou participent à leur financement. Comment les radios vont-elles réagir au fait que de plus en plus d’œuvres font la part belle au visuel et au multimédia, autant de supports qui ne sont pas vraiment adaptés pour une diffusion radiophonique ? C´est là une des questions que nous aborderons avec nos intervenants Éric Denut et Heiner Goebbels.

 

Les financements diffèrent-ils également ?
En Allemagne, là encore le fédéralisme a pour conséquence que la culture est l’affaire des Länder : « Kultur ist Ländersache ».

 

Dans quelle mesure pensez-vous que la situation française est en train d’évoluer ?
La réforme territoriale en cours va très certainement impacter l’économie des festivals en France, Éric Denut pourra nous apporter son éclairage sur le sujet à l’occasion de ce dialogue avec Heiner Goebbels, mardi 19 mai à l’Institut Français de Berlin.

 

 

Propos recueillis par Hervé Catin et Grégory d’Hoop.

 

 

Hören wir mit anderen Ohren?

Institut Français
19 mai | 19h | 4-6€

Impulsneuemusik.com

 

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