Torstrassenfestival : Deaths et autres découvertes musicales

Publié le Jeudi 4 juin 2015

La 5e édition du Torstrassenfestival a lieu les 13 et 14 juin. Cette manifestation s’efforce d’être un forum pour le développement des scènes de musiques actuelle et éclectique de Berlin, pour les locaux et les visiteurs. À cette occasion, Berlin Poche a rencontré pour vous Deaths, jeune groupe berlinois qui fait partie de la programmation. Cette formation nous a particulièrement touchés et, bien qu’elle ne soit encore qu’à son balbutiement, quelque chose nous laisse penser qu’il faut la suivre avec intérêt…

 

Deaths

 

Le Torstrassenfestival c’est d’abord un quartier : Mitte. Le nom s’inspire tout simplement de la longue rue qui le traverse d’est en ouest. En partenariat avec les salles, les cafés, les boutiques et les bars du coin, les organisateurs veulent promouvoir un mélange de structures anciennes et nouvelles qui soutiennent la culture, tout en maintenant des prix aussi abordables que possible.

 

Aussi, le festival investit des lieux incongrus qui offrent la possibilité à la musique de s’exprimer dans un contexte original. Ici, on  milite pour que la musique fasse partie intégrante de la vie urbaine. Et les voisins sont toujours invités à participer et à apporter leur propre contribution.

 

Le festival et ses spectateurs sont en somme des explorateurs qui n’ont pas peur de faire confiance à leur curiosité plutôt qu’à des têtes d’affiches. Au programme cette année : 30 artistes dans 10 lieux différents. Voici une playlist qui regroupe les différents artistes présents :

 

 

Un peu dans la veine d’un Jai Paul ou d’un Ben Khan, le groupe Deaths opte pour un son pop profond, basé sur des guitares et des synthés électriques et colorés, en plus atmosphérique et mélancolique, le tout mené par la voix unique du chanteur et leader Igor Bruso. Créé il y a à peine un an et demi, le groupe a déjà effectué de nombreux concerts dont l’un où nous avons pu apprécier leurs compositions originales et inventives. Avant de repasser par le Roter Salon le samedi 13 juin, Berlin Poche a discuté avec Pierre, l’une des trois têtes du groupe.

 

BERLIN POCHE : Comment avez-vous connu le festival ?

Pierre : On ne le connaissait pas malheureusement, mais ce sont les organisateurs qui nous ont contactés. Ça fait plaisir ! Au départ on a fait un concert pour la warm-up organisée en avril et puis, ils nous ont sélectionnés pour faire partie de la programmation officielle.

 

Quel sont vos sentiments par rapport à ce festival ?

Ça à l’air d’être sympa, on partage la même idée selon laquelle un festival doit faire découvrir des nouveaux groupes au public, plutôt que d’avoir une énorme prog’ qui va souvent étouffer les plus petits groupes.

 

Comment envisagez-vous le live du 13 ?

On a plutôt hâte, c’est la première fois à Berlin qu’on va avoir notre jeu de lumière avec nous, et le set a pas mal changé depuis notre tournée en Europe de l’est.

 

Que pensez-vous de Berlin ?

Berlin, c’est facile d’y vivre, la vie n’est pas chère, mais on y voit la gentrification s’installer… Et du coté musique, ce n’est pas évident car la scène électronique prend énormément de place.

 

Est-ce un hasard si vous êtes à Berlin ?

Pour nous, Igor et moi, pas vraiment ! On est venu pour étudier la production musicale. Yaz vivait à Londres avant d’atterrir à Berlin, Je crois qu’elle en avait marre et voulait voir d’autres horizons.

 

 

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Igor et moi, nous nous sommes retrouvés dans la même classe. Au début, on ne se côtoyait pas trop et puis, un jour, on s’est recroisé chez un pote qu’on a en commun. Tout est parti de là. Sinon Yaz habitait dans un appart où Igor avait vécu quelque mois, et c’est par son coloc’ qu’ils se sont rencontrés.

 

Vous vous êtes tous rencontrés à Berlin mais en fait vous venez tous de pays assez lointains. Est-ce que cela influence votre musique ?

On ne pense pas vraiment que nos origines influencent notre musique tant que ça. On fait partie de la génération Internet : tu peux écouter ce que tu veux où que tu sois. On a à peu près les mêmes goûts musicaux et on s’influence les uns les autres en se faisant découvrir de nouveaux sons.

 

Justement, quelles sont vos influences ?

Avec Igor on vient de la scène hardcore punk. Igor est plutôt straight edge, et moi plutôt déglingue. Mais en grandissant, on s’est tous les deux rendus compte que le public de cette scène n’est pas vraiment tolérant. Quand tu vas aux concerts, si tu n’as pas la dégaine, on te regarde bizarrement, les gens te tournent le dos… En te dirigeant vers la scène pop, tu te rends compte que c’est beaucoup plus ouvert, tu rencontres toute sorte de gens, il n’y a pas vraiment de « style ».

 

Comment travaillez-vous ?

En général, Igor compose la musique et écrit les textes. Ensuite on vient rajouter notre touche par-ci, par-là. Mais ça peut aussi partir d’une idée de Yaz ou de moi et ensuite Igor continue le travail de production et puis on revient travailler dessus ensemble.

 

Quels messages circulent dans vos chansons ?

Igor s’inspire de ce qui l’entoure, le tourmente et l’afflige. Il observe beaucoup, . Dans « Lonewolves », il raconte sarcastiquement la difficulté à devenir adulte. Dans « Sold », il dénonce la violence policière, la façon dont les flics se retournent contre leurs propre idéaux car ils se sont vendus pour devenir les chiens de garde des puissants. « Saviour », notre dernier single, est porté sur la confiance en soi et l’amour propre.

 

Quels sont vos objectifs à venir ?

L’EP ne devrait pas tarder à sortir. Ensuite on aimerait se concentrer sur le live, on voudrait tourner le plus possible. Après on verra… mais on compose tout le temps, on a toujours une idée à développer.

 

 

Propos recueillis par Alexandre Maigrot.

 

 

Torstrassenfestival

13 juin | 14h | Divers lieux | 15-30€

Et aussi le 14 à la Volksbühne avec Young Fathers et Molly Nilsson.

Tout le programme est sur Torstrassenfestival.de

 

Deaths

13 juin | 18h | Roter Salon

Churchofdeaths.com

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Une réponse à “Torstrassenfestival : Deaths et autres découvertes musicales”

  1. […] Fathers et Molly Nilsson ! Tout le programme est sur Torstrassenfestival.de. On vous offre même un avant-goût sur notre site […]

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